Photographe auteure et plasticienne parisienne, Odile Lefur explore depuis le début des années 1980 la présence humaine et, plus largement, ce qui peut apparaître dans une image au-delà de ce qu’elle donne d’abord à voir.
Formée à la photographie argentique à l’École Nationale Supérieure Louis-Lumière, elle développe très tôt une pratique photographique singulière, où la lumière et, selon les séries, le flou deviennent des révélateurs du visible et de l’invisible. Ses premières recherches en noir et blanc explorent le corps, le mouvement et la perception. De la pose, elle se tourne progressivement vers le mouvement et le flou de bougé, cherchant à restituer la vibration du vivant.
À partir de la fin des années 1980, le portrait prend une place centrale dans son travail. Avec Portraits intemporels, elle poursuit sa recherche autour de l’intériorité et de la présence. Les Graffiphotos, qui en sont issues, font ensuite de l’image photographique la matière d’interventions plastiques.
Après s’être formée à la photographie numérique à l’INA, son travail quitte le studio pour inscrire la présence humaine dans des espaces et des situations vécues. Avec Paris-Théâtre, Portraits d’intérieur puis L’Album unique, créé en 2013, elle explore autrement ce qui fait de nous des êtres humains : nos manières d’habiter et d’apparaître au monde, nos choix de vie, nos histoires, nos passions, nos souvenirs et nos émotions.
En 2021, sa formation à la Gestalt et son approche phénoménologique la conduisent à reprendre le dispositif de Portraits intemporels et à porter un nouveau regard sur son parcours photographique. Elle développe alors L’Expérience du portrait, une recherche qui interroge ce qui se construit dans la rencontre entre la personne photographiée et la photographe, privilégiant la présence à la représentation.
En 2024, la découverte d’autoportraits réalisés dans les années 1990 ouvre à un nouveau travail. Avec la série inédite Je ne suis plus le masque, je suis, Odile Lefur réinvestit ses propres archives par des impressions successives et des collages. Les images prennent la forme de peintures rupestres et racontent le parcours d’une femme en quête de sa singularité, entre héritages, injonctions et recherche intérieure.
Aujourd’hui, Odile Lefur poursuit ses recherches dans de nouveaux projets.
À travers l’ensemble de ses recherches, Odile Lefur poursuit une même intention : explorer la présence humaine, mettre en lumière la singularité de chaque vécu, et révéler la dimension esthétique de tout ce qui fait notre humanité.
Expositions
2021 — N&B.80, Galerie Dupré & Dupré, Paris 3e
Mises en scène noir et blanc réalisées entre 1984 et 1987, restées inédites jusqu’alors.
2019 — Central for Contemporary Art, Bruxelles
Photographies et vidéos de Manger le Musée, présentées dans le cadre de la rétrospective consacrée à Françoise Schein.
2018 — Musée des Arts et Métiers, Paris
Exposition de mes photographies et vidéos du projet Manger le Musée, initié par Françoise Schein, artiste des droits humains, dans le cadre d’une œuvre urbaine participative autour de la création contemporaine et du partage.
1996 — Une ville, des murs et des rues, Paris 5e
Photographies de New York. Un New York presque désert, où la rareté des figures humaines laisse toute sa place au gigantisme de la ville et de son architecture, pourtant imprégnées de la présence de ceux qui l’habitent.
1995 et 1997 — Aimez-moi, Paris et Verneuil-sur-Seine
Portraits et Graffiphotos.
1993 — L’Humanité dans tous ses états, AIFC — Association Internationale des Femmes Créatrices, Paris 14e
Photographies et pastels huilés.
1981 — Regard sur Israël, Paris 1er

Publications et interventions
30 juin 2026 Voir et se voir autrement – « S’apparaître à l’occasion d’un autre » (J.-M. Robine)
Webinaire SavoirPsy consacré à l’expérience du portrait, avec Christine Dorcet Deschaumes, psychothérapeute, comme invitée.
Décembre 2025 — Se voir et voir autrement – Quand le portrait photographique élargit le champ du visible
Article publié par la FPGT — Fédération professionnelle de Gestalt-thérapie.
Article en ligne

Audiovisuel et transmission
2018 — Manger le Musée, projet de Françoise Schein
Réalisation photographique et audiovisuelle du projet : trois vidéos et interviews de participants.
2015 — L’Album unique, Télématin, France 2
Présentation par Isabelle Martinet dans l’émission de William Leymergie, avec notamment Natcho – Fleuriste et une interview de Natcho sur son expérience de la réalisation de l’album.
2007–2010 — Institut national de l’audiovisuel (INA)
Membre du jury, puis présidente du jury pour l’attribution des diplômes « Photographe, un métier ».
2005–2006 — Université de Marne-la-Vallée, département multimédia
Interventions auprès des licences professionnelles — ateliers consacrés à la sémiologie de l’image.
2003–2005 — L’Instinct du déclic – l’atelier de la sensibilité
Création et animation d’ateliers d’art-thérapie en petits groupes à partir de l’outil photographique.
1983 — Émission INA pour TF1, réalisée par Yves Kovack
Regard sur l’Allemagne par de jeunes photographes français et sur la France par de jeunes photographes allemands.

Formations
2021–2024 — SavoirPsy
Modules de formation en Gestalt autour de la relation et de l’accompagnement.
2006 — Institut national de l’audiovisuel (INA) — « Photographe, un métier »
Formation à la photographie numérique et aux logiciels Adobe.
2001–2002 — Formation « Transmettre »
Formation conçue et dispensée par Bénédicte Pavelak, enseignante à l’INECAT — Institut National d’Expression, de Création, d’Art et Thérapie, en vue d’animer des ateliers d’art-thérapie.
1982 — École Nationale de Photographie Louis-Lumière
CAP de photographie.

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